Un triste record des échouages de cétacés en Bretagne

Dauphins, phoques, baleines… Les données sont encore en cours de traitement, mais le bilan est clair : l’année 2018 risque fort de surpasser l’année 2017 en termes d’échouages de mammifères marins sur les côtes françaises, et particulièrement sur les côtes bretonnes. Ces chiffres sont recueillis puis traités par l’Observatoire Pelagis, composé de chercheurs du CNRS et de l’université de La Rochelle (Charente-Maritime).

Grâce à son réseau national échouages (RNE) et ses quelque 450 correspondants répartis sur les façades de l’Atlantique, de la Manche et de la Méditerranée, les chercheurs peuvent d’ores et déjà plancher sur les premiers chiffres et constats.

On note clairement une augmentation ces dernières années. En 2017, on avait observé 1 897 échouages de mammifères marins de 14 espèces répertoriées, dont 1 642 échouages de cétacés;

précise Pelagis.

La plupart de ces cétacés sont des dauphins communs — très présents sur la façade de l’Atlantique. Sami Hassani, directeur de conservation de la faune aquatique de Bretagne à Océanopolis Brest et coordinateur du réseau échouage Bretagne (Finistère) pointe quelques faits importants

Il y a toujours plusieurs causes de mort naturelle — maladie, vieillesse, prédation, etc. Mais ces échouages multiples interviennent toujours par pic à la même période, entre janvier et mars. La majorité des carcasses de ces dauphins présentent des traces de captures accidentelles. Il s’agit donc souvent d’un problème d’interaction avec les pêcheurs.

Une solution a déjà été testée grâce à la Ligue des pêcheurs de Bretagne : équiper les 18 chaluts pélagiques de la région de pingers, des répulsifs acoustiques qui permettent d’éloigner les cétacés sans les perturber. C’est le service d’acoustique sous-marine de l’Ifremer qui est chargé du développement de ces dispositifs. Un système spécifique pour les filets sera également développé au siège de Brest.

Le problème, c’est que la France n’a pas de réglementation nationale pour ces problèmes. Ce qui ne motive pas les industriels à investir et donc les pêcheurs à s’en équiper.

explique Yves Le Gall, ingénieur acousticien et responsable du service.

Il faudrait désormais songer à mutualiser les moyens, le savoir-faire et l’expérience. Les structures scientifiques, les ministères, les ONG et les associations de pêche devraient pouvoir travailler en bonne intelligence pour éviter cette situation.

ajoute Sami Hassani

Nous vous rappelons qu’en cas d’échouage, les mesures à prendre sont celles-ci. Retrouvez notre document à télécharger afin d’être toujours prêt aux bons gestes en cas d’échouage!


Source de l’article: Le Parisien

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