La technologie connectée au service des tortues marines

Les balises en cours de test sur l’île d’Europa pour le marquage des tortues marines ouvrent de nouvelles perspectives scientifiques: Plus petites, plus précises, plus autonomes et… moins chères !

© Crédit Photo : fremer – Anne-Laure Clément

L’Ouest de l’Océan indien est l’un des principaux sites mondiaux de reproduction et de ponte de deux espèces de tortues marines, les tortues vertes (Chelonia mydas) et imbriquées (Eretmochelys imbricata), actuellement en danger et présentes sur la liste rouge de l’IUCN (Union Internationale pour la conservation de la nature).

Les connaissances scientifiques sur les jeunes stades manquent et sont essentielles à la définition de mesures de conservation efficaces. Pour pallier ces lacunes, le Plan National d’Action en faveur des tortues marines du sud-ouest de l’Océan Indien fixe comme priorité de recherche l’identification des habitats fonctionnels des jeunes individus.

L’un des moyens pour identifier les mouvements des tortues marines était jusqu’à présent l’utilisation de balises fixées sur leurs carapaces, avec transmission des données par satellite. Cependant, ce système de balises est coûteux et encombrant, limitant ainsi leur déploiement et la quantité de données.

Les projets pIOT/IOT ont pour objectif de développer des balises de nouvelles générations : low cost, de basse consommation, autonomes en énergie, et de précision plus fine.

Le développement de ces balises innovantes est rendu possible grâce à l’utilisation du système de télécommunication LoRa, utilisé couramment pour les objets connectés. Les informations collectées par la balise sont transmises à un réseau de stations de réception. Les positions seront superposées aux cartographies d’habitats, définies à partir des images de télédétection aériennes et satellites.

Déploiement de balises entre le 4 et le 19 avril  dans le cadre du projet pIOT

Pour tester la fiabilité de ce nouveau système, des balises vont être déployées lors de la campagne scientifique du Consortium de recherche « Îles Éparses » à bord du Marion Dufresne. Les tests seront plus particulièrement menés du 4 au 19 avril sur l’île d’Europa, l’un des plus importants sites de reproduction des tortues vertes. Cinq stations de réception vont être disposées sur l’île afin de récupérer des informations sur la température et la profondeur dans lesquelles évoluent les tortues. 5 balises seront déployées sur des tortues vertes ou imbriquées, afin de s’assurer de l’autonomie et de la résistance de l’équipement, dans les conditions extrêmes de température et d’ensoleillement rencontrées sur Europa.

Précisions ici ou sur le communiqué de presse ci-contre.


Source de l’article: Ifremer