Taiji : la saison de chasse 2018-2019 est terminée

Ce 1er mars, à Taiji, la saison de chasse 2018-2019 s’est officiellement terminée. 
Pendant six mois, des dauphins de tous âges et de toutes espèces ont été rabattus dans la baie sanglante pour être tués ou livrés à l’industrie internationale des delphinariums. Du premier septembre 2018 au premier mars 2019, 797 petits cétacés ont été rabattus dans la baie de Taiji. C’est moins que lors de la précédente saison, qui avait fait 928 victimes comptabilisées.

Parmi ces 797 dauphins, 556 ont été tués à l’aide d’une tige de fer enfoncée dans la nuque. Les images de ces mises à morts sont rares car depuis quelques années, les pêcheurs chargés de cette opération se dissimulent derrière des bâches de couleur bleue. Les dresseurs participent cependant à la sélection, car ce sont eux qui décideront en quelques minutes si tel dauphin doit mourir et tel autre survivre, en fonction de sa valeur marchande sur le marché de la captivité.

C’est ainsi que 142 dauphins de Risso15 grands dauphins sans doute trop vieux164 dauphins d’Electre234 dauphins bleus et blancs et un dauphin à flancs blancs du Pacifique ont été jugé invendables sur le marché aux esclaves.
De fait, les dauphins bleu et blanc survivent très mal en bocal et c’est donc eux qui ont été tués le plus massivement, sans tenir compte de l’épuisement des populations locales, ce dont le Japon se préoccupe peu.

Quand à la chair de ces malheureux noyés dans leur propre sang, elle est partie garnir les devantures des épiceries locales, malgré qu’elle soit impropre à la consommation humaine. Du moins en partie, car au rythme où les massacres sont menés, plusieurs années de viande doivent encore être stockée dans les chambres froides de la Coopérative des pêcheurs de Taiji.

Les captures ont considérablement augmentées par rapport à l’année dernière.
241 dauphins ont été brutalement séparés de leur milieu naturel pour aller mourir à petit feu dans des bassins surpeuplés en Chine, au Japon et en Russie, principalement. Lors de la dernière saison, ils n’étaient que 107. La pression des delphinariums géants récemment ouverts en Chine se fait donc sentir de manière importante.

Cette fois, ce sont 164 grands dauphins26 dauphins de Risso18 dauphins sténo, 5 dauphins d’Electre, 5 dauphins bleu et blanc, 16 dauphins tachetés pantropicaux et 7 dauphins à flancs blancs du Pacifique, qui vont devoir apprendre à obéir au coup de sifflet.
Pour tous ces jeunes dauphins kidnappés en pleine migration, le passage de la vie libre en plein océan à la vie d’esclave au fond d’un cachot suscite sans doute des souffrances mentales et émotionnelles si intenses qu’elles dépassent largement l’entendement humain.

Enfin, 361 dauphins ont du ainsi tenter de reconstruire leur vie au terme d’une épreuve de plusieurs jours parfois qui les marquera à jamais. Une fois les sélections faites, ils n’ont pas été amenés à l’abattoir. Ils n’ont pas été réduits en esclavage, mais leur tribu a été pulvérisée, la moitié de leur famille a disparu et ils se retrouvent là, si sonnés et désemparés que les pêcheurs de Taiji doivent les chasser loin des lieux du drame,  où ils persistent à attendre dans une eau rougie par le sang de leurs proches. Nombreux parmi ces orphelins qu’on a repoussé au large ont été retrouvé quelque jours plus tard, morts de faim et de désespoir.
Ils ne sont jamais comptabilisés.

Ce bébé dauphin de Risso, dont la famille vient d’être ont été massacrée, est rejeté à la mer. Photo Dolphin Project.com

Tous nos remerciements aux Cove Monitors du Dolphin Project qui, une fois encore, auront supporté le spectacle de ces chasses monstrueuses indignes d’un pays civilisé, pour nous permettre d’être informés sur le sort de nos amis dauphins. Toute notre compassion aux journalistes belges, qui ont préféré  assurer la promotion gratuite du parc Pairi Daïza tout au long de cette année plutôt que d’oser parler une seule fois des captures à Taiji.


Source de l’article: Dauphin Libre