“Influenceurs”: une menace pour l’environnement ?

NOTE DE SEA AND HUMAN: Les “influenceurs” sont effectivement partout aujourd’hui. Ils ont sans nul doute une part de responsabilité dans l’exploitation de lieu protégé. Mais il en va de la responsabilité de chacun de se poser les bonnes questions, et de ne pas agir sans réfléchir… Demandez-vous si vos actes ne menacent ou ne menaceront pas l’environnement et la biodiversité. C’est cela, agir de manière éco-responsable.

Certaines photos de lieux habituellement peu visités sont relayées par des influenceurs, puis deviennent virales. Cela peut causer du tort à ces mêmes lieux puisque de nombreuses personnes peuvent avoir envie de s’y rendre après avoir été mises au courant de leur existence.

Ce n’est pas un scoop : le tourisme de masse n’épargne pas beaucoup de lieux sur Terre. En revanche, les réseaux sociaux semblent bien menacer les dernières zones encore peu fréquentées par les visiteurs. Une photo postée sur un réseau social et c’est le désastre : des hordes de touristes débarquent dans un lieu isolé ou peu connu, notamment dans le but de se prendre en selfie.

Lorsqu’une photo ou une vidéo est publiée par un influenceur sur Twitter, Instagram ou encore YouTube, l’effet est décuplé. En effet, ces “relais d’opinion” pouvant avoir un impact sur la consommation peuvent également donner des idées en termes de visites ou voyage. Le fait est que certains de ces influenceurs sont suivis par des milliers, voire des millions de personnes !

Dans un article publié en janvier 2019 dans la version australienne du Guardian, l’éditorialiste Bridie Jabour évoque le problème. L’intéressée a indiqué plusieurs endroits en Australie ou en Nouvelle-Zélande ayant été victimes de leur “potentiel instagrammable” en l’espace d’une poignée d’années.

Au Canada, une ferme de l’Ontario avait décidé de monnayer la visite de ses champs contenant au total 1,4 million de tournesols. Après le passage des influenceurs, des milliers de véhicules se sont massés à leur entrée, ce qui a poussé les propriétaires à abandonner le projet. Depuis la fermeture, de nombreuses personnes se rendent encore dans ce lieu et les propriétaires ont toutes les peines à les faire fuir.

Au sud de la Californie, le parc national de Lake Elsinor était relativement tranquille avant l’arrivée des influenceurs. En effet, la vallée avait été couverte de coquelicots après un hiver pluvieux. Malheureusement, les influenceurs ont causé des vagues de dizaines de milliers de personnes voulant visiter le site et se prendre en photo, piétinant les fleurs sur leur passage.

Dans le Var près de Nans-les-Pins, les sources de l’Huveaune ont également été victimes des hordes de touristes. Un certain Lionel Duval à la tête de la page Bienvenue à Marseille publie un tweet le 19 mars 2019 présentant ces sources bleutées. Résultat, des centaines de personnes s’y sont ruées le week-end suivant. Certaines personnes se sont même prises en photo en se baignant alors que le site est classé Natura 2000 !

Il faut savoir que si ces lieux sont menacés par les touristes, la faune est également la cible de l’influence des réseaux. Rappelons l’histoire du bébé dauphin échoué sur une plage d’Argentine en 2016. Celui-ci a été sorti de l’eau par des touristes avant que des dizaines de personnes ne prennent des selfies avant de l’abandonner sans vie sur le sable.


Source de l’article: Science Post