Baleines à bec et petits rorquals en danger face à la chasse

Note de Sea And Human : Encore des baleines mises en dangers face à la folie meurtrière des baleiniers japonais… Vont-ils épargner une seule espèce de baleine?

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Baleines à bec, petits rorquals et baleines de Bryde : les nouvelles cibles des chasseurs de baleines japonais ont le malheur de migrer dans les eaux côtières de l’archipel nippon et à ce titre, elles seront désormais massivement chassées.

[Depuis que le Japon a quitté la CBI,]  la reprise de la chasse commerciale à la baleine n’a plus lieu que dans sa zone économique exclusive (ZEE) qui s’étend jusqu’à 200 milles marins (370 km) de ses côtes.  Cette zone, exclusivement réservée aux activités commerciales, est assez importante, et les organisations environnementales redoutent que les baleines du Pacifique Nord soient en danger. Cependant, en comparaison avec l’ensemble du territoire du Pacifique Nord, l’aire maritime que couvre la zone exclusive japonaise n’est pas très grande. Les baleiniers japonais chassent déjà dans cette zone des cétacés à des fins commerciales. Ils ne parlent pas de chasse commerciale à la baleine, mais de chasse baleinière côtière de petite catégorie.

Le 2 septembre dernier, une flottille baleinière quittait donc le port Hokkaido afin – selon son capitaine – de fournir de la bonne viande fraîche aux consommateurs. Mais ces gens savent-ils seulement QUI ils tuent ?

Les navires baleiniers japonais ont repris lundi la chasse au petit rorqual dans les zones côtières au nord d’Hokkaido, dans le nord du Japon, et devraient atteindre leur quota de captures plus tard ce mois-ci. Depuis la reprise de la chasse commerciale à la baleine en juillet pour la première fois en 31 ans, le gouvernement a fixé un quota de 53 petits rorquals jusqu’à la fin décembre afin d’empêcher la chasse excessive, dont 33 affectés à la chasse à la baleine côtière. La Japan Small-Type Whaling Association estime que la chasse au petit rorqual cette année dans les zones côtières japonaises pourrait s’achever à la fin du mois de septembre.

Lundi matin à l’aube, cinq navires baleiniers de petite taille exploités par six compagnies ont quitté le port de Kushiro à Hokkaido. Ils sont revenus dans la région après avoir chassé pendant environ une semaine après la reprise de la chasse commerciale à la baleine au Japon le 1er juillet, suite au retrait du Japon de la Commission Baleinière Internationale.

Nous aimerions attraper de nombreuses baleines et permettre aux consommateurs de manger de la viande fraîche.

Takashi Takeuchi, capitaine d’un navire baleinier âgé de 41 ans établi à Taiji, dans la préfecture de Wakayama

Le mois de septembre est la meilleure saison pour la capture de baleines car elles sont riches en graisse. Je suis impatient de les chasser.

Yoshifumi Kai, 59 ans, président de l’association de chasse à la baleine
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Après sa première opération dans les eaux au large de Kushiro en juillet et avant de revenir à Hokkaido, la flotte s’était rendue au large de Minamiboso dans la préfecture de Chiba pour y capturer les bérardies de Baird, une espèce de baleine à bec.

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Les prises de baleines de Bryde ont déjà atteint le quota initial de 150 individus à la fin du mois d’août, pour ce qui est des chasses en haute mer basées au départ de Shimonoseki dans la préfecture de Yamaguchi. L’Agence des pêches a donc ajouté 37 baleines au quota. Les chasseurs de baleines devraient avoir fini de chasser début octobre.

Une vente aux enchères a eu lieu le 5 juillet à Sendai, avec des portions d’une unique baleine de Bryde vendues jusqu’à 20.000 yens (183 dollars) le kilo. La viande de baleine de Bryde devrait devenir le produit baleinier le plus largement disponible pour les consommateurs à l’avenir, en raison du quota de capture qui est le plus important parmi toutes les espèces exploitées commercialement par les flottes japonaises.

La vente aux enchères a débuté à 6 heures du matin sur un marché de la ville du nord-est du Japon. Les participants ont également mangé des sashimi de baleine lors d’une dégustation organisée en marge de la vente.

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Quelque 70 baleines de Bryde ont été capturées dans la mer au sud de la préfecture d’Aichi, et dans d’autres eaux, après que le Japon se soit retiré de la Commission internationale de chasse à la baleine.

Les réactions ont été bonnes. J’aimerais que beaucoup de gens apprécient les délices de la viande de baleine. Des ventes aux enchères de viande de petits rorquals de plus petite taille ont déjà eu lieu depuis que le Japon a repris la chasse à la baleine.

Eiji Mori, président de l’opérateur de chasse Kyodo Senpaku Co

Beaucoup de gens apprécient les délices de la viande de baleine. Sans doute.
Mais combien de gens au Japon ont-ils la moindre idée de que faisait leur morceau de viande quand il était encore vivant et s’intégrait au corps parfait des baleines dont il faisait partie ?

La baleine de Bryde, personne ne s’est vraiment donné la peine d’étudier ses dialectes et ses cultures, surtout pas au Japon où ce genre d’études est mal vu. En revanche, on sait qu’elle se relève à peine d’un quasi-génocide. Plus de 30 000 baleines de Bryde ont été capturées entre 1911 et 1987. Les captures déclarées ont été maximales en 1973-1974 et 1974-1975, année où plus de 1.800 captures ont été réalisées. En 2000, les Japonais ont commencé à mettre en œuvre un programme de recherche scientifique impliquant une capture annuelle de 50 baleines de Bryde dans le Pacifique Nord-Ouest. Près de 500 d’entre elles ont été capturées depuis le lancement du programme en 2009.

Sont-elles menacées ? Qui ne le serait pas, face à un massacre aussi massif ?
Mais bien sûr, selon l’IUCN, «sa situation est peu préoccupante », du moins jusqu’à qu’elle le devienne, si la boucherie continue à ce rythme dans un océan de plus en plus pollué, surchauffé et vidé peu à peu de toute vie animale.

La bérardie de Baird, enfin, est une espèce encore plus mystérieuse. Il s’agit d’une baleine à bec, qui se nourrit par succion de poulpes, sardines et autres calmars tout près du fond de l’océan. A l’instar du cachalot, elle peut plonger à des profondeurs extrêmes, allant jusqu’à 3 000 mètres et rester plus d’une heure en apnée. Afin de chasser dans l’obscurité et se localiser, elles utilisent comme lui l’écholocation.

Ces mammifères forment des clans extrêmement sociaux, constituée de groupes de 3 à 30 cétacés d’âge varié. Très souvent, on voit les bérardies nager côte à côte, plongeant et refaisant surface à l’unisson ou bien jaillissant hors de l’eau toutes ensemble en exposant 40% à 90% de leur corps au-dessus de la surface avant de rétablir le contact avec l’eau et de de provoquer d’énormes éclaboussures. Un peuple paisible et joyeux, donc, heureux d’être en famille et, dit-on, dotés d’une espérance de vie dépassant les 80 ans.
Du moins lorsqu’on ne les transforme pas en sashimi….


Source de l’article : Dauphin Libre