La fonte des glaciers fait monter le niveau de la mer de plus en plus vite

D’après une étude réalisée par des chercheurs français et suisses, la fonte des glaciers fait monter le niveau de la mer à un rythme de plus en plus rapide. Chaque année, ils estiment que 335 milliards de tonnes de glaces s’échappent.

© Crédit Photo : AFP/ALI ROSE/BRITISH ANTARCTIC SURVEY

Quand on leur demande comment illustrer les effets du réchauffement planétaire, certains climatologues aiment utiliser l’image d’un réfrigérateur mal réglé : quand la température est trop élevée, la partie congélateur dégivre. C’est exactement ce qui se passe actuellement à la surface des glaciers.

À cause de la hausse du mercure, les glaciers ont perdu plus de 9 000 milliards de tonnes de glace entre 1961 et 2016, provoquant une augmentation de 27 mm du niveau des mers. Mais d’après une étude dévoilée mardi par des chercheurs français de l’Institut national de la recherche en sciences et technologies pour l’environnement (Irstea) et de l’université de Zurich, ce dégel et l’augmentation du niveau des océans qui s’ensuit est de plus en plus rapide depuis les années 1990.

Alors que notre planète compte près de 200 000 glaciers, les chercheurs estiment que 335 milliards de tonnes de glace s’en échappent chaque année et viennent grossir la taille des océans.

Cela correspond à une augmentation du niveau de la mer de près d’un millimètre par an, détaille Emmanuel Thibert, ingénieur de recherche en glaciologie à l’Irstea. Globalement, nous perdons environ trois fois le volume de glace stocké dans l’ensemble des Alpes européennes chaque année.

À ce rythme et sans mesure radicale de lutte contre les gaz à effet de serre, les populations vivant en bord de mer ont de quoi cauchemarder car les climatologues s’attendent à une hausse du niveau de la mer comprise entre 30 cm et 1 m. Mais les habitants des zones fluviales ont aussi du souci à se faire. Un rapport dévoilé début février par une ONG népalaise estimait que les deux tiers des glaciers de l’Himalaya et de l’Hindou Kouch pourraient fondre d’ici à la fin du siècle, risquant de déstabiliser les grands fleuves d’Asie.

S’étendant sur 3 500 km de l’Afghanistan à la Birmanie, cette région montagneuse est qualifiée de « troisième pôle » par les scientifiques pour ses gigantesques réserves de glace. Celles-ci alimentent dix cours d’eau majeurs d’Asie, du Gange au Mékong en passant par le fleuve jaune. Cette fonte accélérée des glaciers d’altitude ne sera pas sans conséquence pour le 1,6 milliard d’habitants qui vivent au bord des fleuves situés en aval.


Source de l’article: Le Parisien