Le voilier parti à la recherche de cryoconite fait demi-tour

Le voilier parti à la recherche de cryoconite fait demi-tour…

Trois explorateurs français, partis pour une traversée de l’Arctique à la voile, ont fait demi-tour et se rapprochent de l’île de Banks, au nord du Canada, après avoir prélevé des échantillons destinés à mieux comprendre la fonte des glaces.

Pour ce défi avant tout sportif à bord du voilier le Babouch’ty, les trois hommes avaient commencé leur périple le 18 juin 2018, à Prudhoe Bay, au nord de l’Alaska, avec l’objectif d’atteindre Spitzberg (Norvège), 3.000 km plus loin, fin septembre, en passant par le pôle nord. Mais le périple, mené par l’explorateur spécialiste des expéditions polaires âgé de 44 ans Sébastien Roubinet, a été retardé non loin du départ. Il a atteint le 80e parallèle Nord, le premier tiers du parcours, au bout de deux mois sur trois prévus au total.

Les trois hommes ont décidé de faire demi-tour le 15 août, craignant de ne pouvoir effectuer la traversée totale sans risquer de se faire récupérer par un brise-glace. Après discussion avec les garde-côtes canadiens, qui surveillent le Babouch’ty, ils se dirigent actuellement vers l’île de Banks pour trouver de la glace plus solide pour pouvoir s’amarrer en cas de gros coup de vent.

A environ 50 milles nautiques de l’île de Banks (près de 100 kilomètres), ils peuvent mettre trois jours comme une semaine pour la rejoindre.  D’autant plus qu’avec l’arrivée de l’hiver, les dépressions peuvent s’enchaîner rapidement.

Après plus de 4.000 km parcourus, Sébastien Roubinet s’est cependant dit très satisfait de la performance de son voilier et de l’équipe, constituée également des explorateurs Vincent Colliard et Éric André. Sébastien Roubinet a conçu lui-même le Babouch’ty, à mi-chemin entre le voilier et le char à glace, très léger et résistant, et équipé de skis sous les flotteurs pour naviguer sur la glace comme sur l’eau.

Roman Teisserenc, responsable scientifique de l’expédition qui suit les avancées du voilier depuis l’Institut National Polytechnique (INP) de Toulouse, nous explique qu’après dix ans de préparation, et deux tentatives infructueuses, les trois Français ont pu prélever des échantillons de cryoconite, un dépôt de poussière atmosphérique qui pourrait être un des facteurs de la fonte des glaces, car il va concentrer l’énergie du soleil, faire monter la température puis créer des micro-lacs de fonte.


Sources : Sciences et Avenir

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