14 bélugas de la Prison des Baleines vont retrouver la liberté

Note Sea And Human : Il reste encore beaucoup de bélugas à sauver de la prison de baleines, mais cela fera au moins 14 de moins. On espère que ces bélugas vont afin vivre libres et tranquilles.

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14 bélugas ont quitté la Prison des Baleines, le 28 septembre dernier, pour retrouver leur liberté, et peut-être leur famille, en Mer d’Okhotsk.  D’après les données fournies par VNIRO, le retour à l’océan des 6 bélugas précédents se serait bien passé.  Certains d’entre eux auraient déjà réintégré des communautés sauvages

Néanmoins,  la coalition Free Russian Whales s’inquiète du faible nombre de baleines blanches libérées à ce jour, soit 20 individus si l’on inclut celles d’aujourd’hui. 55 autres se morfondent encore dans leurs enclos de la baie de Srednyaya. Il y a urgence, car l’hiver arrive et la baie de Srednyaya sera bientôt recouverte à nouveau d’une épaisse couche de glace.

Pire encore, malgré une récente décision du Service de contrôle de gestion de la nature (Rosprirodnadzor) sur les quotas de captures prévus en 2020, de graves menaces continuent à peser sur les bélugas russes, qui font l’objet d’un commerce effréné avec la Chine, le Japon, la Turquie et la Russie elle-même.

Une fois livrés, ces malheureux vivront l’enfer quelques années au fond d’un bassin puant et surpeuplé, avant d’y mourir. Quant à leurs familles restées libres, elles s’appauvriront peu à peu des meilleurs élements de leur communauté, des plus beaux enfants et des meilleures femelles, jusqu’à l’extinction. Plus que jamais, l’industrie des delphinariums déciment la faune marine.

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Le 26 septembre 2019, VNIRO publiait 4 appels d’offre sur le site Web des marchés publics sous le titre :

Fourniture d’animaux dans le but de mener des recherches sur le comportement et la migration des épaulards et des bélugas pour les besoins de l’Institution scientifique fédérale VNIRO.

Les documents officiels concernant l’achat et le contrat de fourniture de baleines vivantes entre VNIRO et les quatre sociétés de capture peuvent être téléchargés sur le site Web de Sakhalin Environmental Watch

Selon les accords de cet étrange marché, les bélugas qu’on libère seraient destinés à des travaux de recherche sur le comportement et la migration des orques relâchés et pour lesquels des mesures de réadaptation ont été mises en œuvre dans la baie de Srednyaya, après la mise en place de balises satellites par VNIRO !

Pour ce transport, VNIRO versera donc la somme rondelette de 38,5 millions de roubles (589 290 dollars) aux quatre sociétés qui les ont capturées.
Cette fois, Afalina LLC a fourni un béluga (2 750 000 roubles), White Whale LLC en a livré sept (19 250 000 roubles), Oceanarium DV LLC, trois (8 250 000 roubles) et le LLC Dolphinarium de Sotchi, trois bélugas également (8 250 000 roubles).

Il s’agit en quelque sorte d’une sorte de dédommagement de la part d’une institution d’Etat à ses amis du privé.

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Les bélugas sont rachetés par l’Etat à leurs ravisseurs

À 10 h 40, 14 bélugas ont commencé à être chargé sur le navire Vladimir Safonov appartenant à VNIRO. Les déplacements de ce navire peuvent être suivis via le système de surveillance, tel que marinetraffic.com.

L’enclos enfermant les 14 bélugas avait d’abord été séparé des structures principales de la prison des baleines. Puis il fut remorquée par un bateau à moteur jusqu’à une distance d’environ 600 mètres du Vladimir Safonov. À 11 heures, l’enclos était amarré au navire et les baleines blanches ont été chargées sur le pont, où les attendaient des caisses de transport remplies d’eau. Les mammifères marins seront livrés sur le site de leur libération dans la région de Khabarovsk, en Russie, à bord de ce navire de recherche.

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Nous sommes heureux qu’un nouveau groupe de bélugas soit enfin libéré, mais nous nous posons plusieurs questions. Pourquoi ce moyen de transport n’a-t-il pas été utilisé auparavant ? VNIRO nous a toujours affirmé que les cétacés ne devaient être en aucun  transportés par bateau, car ils auraient le mal de mer et s’étoufferaient dans l’eau de leur tanker à cause du roulis, tangage et autre embardée. En outre, un tel bateau aurait permis d’embarquer bien plus que 14 bélugas. Pourquoi leur nombre est-il si limité? Bien sûr, l’essentiel est que tous les bélugas soient relâchés dès que possible, c’est à dire avant l’hiver ! Continuez à appeler et à envoyer des messages à VNIRO ET TINRO comme nous l’avions demandé dans les messages précédents.

s’inquiète Free Russian Whales
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Rappelons aussi que la capture de 282 bélugas, 20 dauphins à flancs blancs du Pacifique, 8 dauphins Tursiops, 8 globicéphales, 1.496 morses et 1.905 phoques à fourrure avait été prévue dans les quota de 2020 pour les mers de l’Extrême-Orient russe. La plupart des pinnipèdes sont destinés aux chasseurs autochtones du Nord – qui revendront néanmoins avec profit les «bébés morses orphelins» aux zoos compatissants – mais 82 bélugas au moins et tous les grands dauphins sont destinés à l’industrie de la captivité.

La bonne nouvelle, c’est que dans une réponse officielle, le Service de contrôle de gestion de la nature (Rosprirodnadzor) a fait savoir son désaccord. Ses experts ont constaté que les matériaux fournis pour étayer ces taux de captures autorisées n’étaient pas conformes à la législation environnementale actuelle.
Malheureusement, il semble qu’une nouvelle réunion contradictoire d’experts est prévue à propos de ces quotas 2020. La lutte continue !


Source de l’article : Dauphin Libre