Le braconnage de tortue continue à Mayotte

Dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 janvier 2019, à KANI-KELI, des employés de l’agence française pour la biodiversité (AFB) ont interpellé des individus, dans le cadre de la lutte contre le braconnage de tortue. Vers 02h40, trois individus, qui remontaient des plages de Charifou, sont interpellés par les agents de l’AFB, alors qu’ils étaient porteurs chacun, d’un gros ballot de type sac de riz.

Deux suspects prennent immédiatement la fuite à travers la végétation, tandis que le troisième est appréhendé et remis à la brigade territoriale de gendarmerie de M’ZOUAZIA. De façon concomitante, deux autres personnes, qui attendaient sur la route, à l’intérieur d’un véhicule, sont interpellées. Ils reconnaissent être venu récupérer les “pécheurs” et sont également présentés aux gendarmes.

Les trois individus sont placés en garde à vue, dans les locaux de la brigade de gendarmerie de MZOUAZIA. Le contenu des ballots est pesé et porte sur 107 kg de viande de tortue et un sachet poubelle, contenant 2 kilos d’œufs. Le produit de ce braconnage est issu du massacre de deux tortues. Sur décision du magistrat de permanence, deux des trois gardés à vue sont remis en liberté.

Comparaissant hier, à 14 heures 00, devant le tribunal correctionnel de MAMOUDZOU, le premier individu interpellé est condamné à une peine d’un an d’emprisonnement ferme, avec mandat de dépôt à l’issue de l’audience et 1000 euros d’amende, au bénéfice de l’association des naturalistes. Cette action conduite à l’initiative de l’AFB et avec la mise à contribution de la gendarmerie, illustre la détermination des services de l’État, dans la lutte contre les diverses formes de braconnage et de trafic des espèces protégées et menacées.

Les Naturalistes saluent l’efficacité du service départemental de l’agence française de la biodiversité (qui vient d’interpeller pour la deuxième fois en quelques semaines des braconniers de tortues) et du tribunal qui n’a pas hésité à prononcer des sanctions exemplaires. C’est un avertissement sérieux à destination des braconniers. Cependant la lutte contre le braconnage ne se limite pas aux seuls braconniers : elle doit être élargie aux consommateurs qui sont prêts à payer jusqu’à 30 € le kilo de viande de tortue.

Pour rappel, l’association anti-braconnage et de défense des océans, Sea Shepherd, a déjà réalisé 2 campagnes sur place pour empêcher le braconnage de ces tortues marines. Nous vous invitons à découvrir leur campagne ici.


Source de l’article: l’Infokwezi